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dimanche 31 octobre 2010

prix du tabac

Aristote a dit, Galien a dit…

L’argument d’autorité n’a clairement pas disparu en médecine, qui se voudrait basée sur les preuves. Dans cette grande tradition, les Professeurs Maurice Tubiana et Gérard Dubois (Le Monde 12 octobre 2010) au nom de l’Académie de Médecine unanime s’indignent de l’augmentation du prix des cigarettes prévue le 8 novembre, et préconisent d’appliquer aux fumeurs le classique traitement héroïque … saignare, ensuita purgare. Ils estiment que les 6% d’augmentation en 2007 et 2009 sont notoirement inefficaces pour diminuer les ventes et reprennent la proposition avancée en 2009 par Madame Bachelot d’une augmentation minimale de 10%, réitérée pendant plusieurs années.

Peut-on laisser sans réponse un tel tissu d’inexactitudes et de contradictions ?

Ainsi nos académiciens affirment sans nuance que " les ventes stagnent depuis 2005, ce qui témoigne de l’inefficacité voulue des augmentations de 6 %". Il y a déjà un progrès. On ne parle donc plus d’effet du prix sur la consommation, mais sur les ventes. Car si l’on se met à fumer ses mégots, à raison de 3 pour une cigarette, elles baissent du tiers, mais le risque à fumer s’accroît. De plus, il s’agit de ventes "officielles". Mais ils ajoutent immédiatement : "une telle mesure a peu d’impact sur la contrebande, la contrefaçon ou les ventes transfrontalières". Ils balaient ainsi d’un mépris péremptoire l’objection naissante. Ils la discréditent illico, en faisant l’argument des cigarettiers, fermant ainsi la porte à tout débat sur le rapport bénéfices vs effets pervers de ces mesures.

Or les documents des douanes sont clairs, même si l’importance des saisies n’est qu’un reflet imparfait des trafics. Ils font état d’une hausse constante, +5,7 % en 2009, avec 263,9 tonnes de tabac et de cigarettes pour une valeur totale de plus de 61 millions d’euros, soit le montant le plus fort jamais réalisé en matière de lutte contre la contrebande de tabac. Quant aux hausses de 6%, si leur efficacité se voit mal sur le grand volume des ventes officielles, celle de 2007 a été suivie en 2008 d’un bond des saisies à +18,3%. Nous n’avons pas encore les chiffres pour 2010, qui jugeront de l’effet des 6% d’augmentation de 2009.

Leur article laisse insidieusement croire que le bénéfice de l’augmentation prévue irait aux industriels. Je cite : "..(Le) ministère du budget qui souhaite une augmentation de 6 % des prix industriels des cigarettiers…… ce sont les taxes qui doivent augmenter et non les prix industriels car l’Assurance-Maladie et l’Etat seraient alors les principaux bénéficiaires des revenus supplémentaires". Une telle formulation est particulièrement tordue, suggérant que les industriels seraient les seuls bénéficiaires de cette hausse de prix. Certes leur part actuelle du prix des cigarettes, comme celle des buralistes, augmenterait bien de 6%, mais elle ne serait que de 1,18% de l’augmentation totale, car les taxes représentant 80,39% du prix des cigarettes, l’Etat se réserverait la part du lion avec 4,82%.

Dans le tableau I, j’ai retiré d’un document de la Commission Européenne des données fiscales concernant les pays de la zone euro de l’Union. J’y ai ajouté des données sur le prix des cigarettes. On voit que la France n’est pas en queue de peloton pour le niveau des taxes. Elle occupe le 3e rang, seulement précédée par la Grèce et la Suède. Alors que l’évidence plaide pour une harmonisation des fiscalités en Europe, serait-il opportun d’augmenter encore la dispersion ?

Pays Accise Spécifique

(% taxe totale)
Accise ad valorem

(% taxe totale)
Taxe totale

(avec TVA)

(% prix détail)
Prix moyen

20 cigarettes

"Marlboro®"
Prix moyen

"Marlboro®"

en fonction du

pouvoir d’achat
Allemagne 33,43 24,66 74,06 4,95 4,27
Autriche 13,35 43,00 73,02 4,20 3,44
Belgique 6,58 52,41 76,34 4,95 4,27
Chypre 14,54 44,50 72.08 3,85 3,93
Espagne 6,00 57,00 78,25 3,85 3,70
Finlande 7,95 52,00 78,65 5,00 4,50
France 6,03 57,97 80,39 5,60 5,23
Grèce 8,57 58,43 85,70 3,80 4,00
Irlande 43,16 18,25 78,77 8,55 6,53
Italie 3,76 54,74 75,17 4,50 4,41
Luxembourg 9,18 47,84 70,06 4,20 1,57
Malte 11,00 50,00 76,25 3,80 4,87
Pays Bas 36,48 20,52 72,97 5,05 3,88
Portugal 38,62 23,00 78,97 3,70 4,74
Slovénie 13,17 44,03 75,87 3,00 3,49
Suède 43,32 24,00 83,29 5,26 4,38
Royaume Uni 37,85 24,00 76,74 7,46 6,6 4

Tableau I. Taxes sur les cigarettes dans les pays de la zone euro de l’Union Européenne. L’accise spécifique est une taxe fixe à l’unité (ex : pour 1000 cigarettes). À niveau de taxes égal, elle atténue les différences de prix entre les marques de cigarettes. Elle ne suit pas l’inflation, mais est régulièrement relevée lors de la loi budgétaire.
L’accise "Ad valorem" est calculée sur les prix maximum de vente au détail. Elle pousse à commercialiser des marques bon marché, plus attractives [1].
Les deux dernières colonnes concernent le prix en euros de la cigarette la plus vendue, et le prix corrigé en fonction du pouvoir d’achat dans chaque pays [2].

Quant à la prévalence du tabagisme, acceptons sans polémiquer que la France ait 30% de fumeurs, la Suède 16%. Acceptons aussi que " La France est le pays d’Europe ayant la plus forte proportion de femmes enceintes fumeuses (22 % au troisième trimestre contre 11 % en Allemagne ou 6 % en Suède)" ? Mais quel rapport avec le plaidoyer de nos académiciens pour une augmentation drastique du prix des cigarettes, alors que justement l’exemple de la Suède et de l’Allemagne, où leur prix est plus bas qu’en France, démontre l’inefficacité de cette politique chez nous. Il faut vraiment vivre dans un monde à part pour la soutenir, vouloir augmenter sa rigueur, être aveugle à ses effets néfastes. Il faut être totalement déconnecté des réalités sociales, de la misère des plus pauvres, qui sont ceux qui fument le plus. Le tabac engloutit une part énorme de leur budget. Elle les enfonce de plus en plus dans la précarité, les pousse à fumer plus dangereusement, à mal se nourrir, se loger, se soigner. Elle génère trafics et délinquance. Il faut ignorer que le fumeur est un être humain qui souffre. Ces médecins se sont-ils jamais penchés sur la détresse d’un fumeur, à ne savoir manier que la trique, justifiée par des chiffres biaisés ? S’il y a des leçons à prendre en Suède, la première est celle d’humanité. Jeune externe dans nos hôpitaux parisiens, j’ai vu comment se comportaient les médecins du Sahlgrenska de Göteborg ou du Karolinska à Stockholm avec leurs patients. La comparaison a été un traumatisme dont je ne me suis pas remis. Apparemment, chez nous, ça ne s’arrange pas.

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  • samedi 23 octobre 2010 - par Luc DUSSART Repondre

    Aristote a dit, Galien a dit…

    Oui ! Ces chiffres pourraient être rapprochés de la prévalence du tabagisme, en prenant par exemple l’Eurobaromètre 2009 etabli pour le compte de l’UE.

    Le pays où on fume le moins est la Suède (16 % de fumeurs), celui où on fume le plus la Grèce (42 %). Avec 33 %, sans changement entre 2006 et 2009, la France se place en 14e position sur les 17 indiqués dans le tableau.

    Et la France est le pays d’Europe Continentale où le paquet de cigarette est DÉJÀ le plus cher ! Un fumeur smicard consacre 20% de son revenu annuel en cigarettes...

    Il est désolant que la seule solution que trouvent nos responsables de la santé publique soit d’ordre économique. Mais que fait notre médecine pour aider les fumeurs à cesser de fumer ? Qu’elle assume ce que l’on attend d’elle sans pallier à son incompétence avec des politiques socialement désastreuses.

    Chacun son métier et les vaches seront bien gardées...

  • samedi 23 octobre 2010 - par Nicolas Hennebo Repondre

    Prix du tabac

    Il faut bien avoir à l’esprit que les industriels du tabac ne lâchent rien. Si les prix augmentent et que leurs ventes baissent, alors, par des circuits parallèles, ils laissent des centaines de containers s’écouler via le marché noir afin de récupérer les pertes engendrées par cette hausse du prix du tabac. Le marché noir est en partie alimenté par les cigarettiers eux-mêmes, dont les actionnaires sont notoirement liés à l’industrie du médicament. Actionnaires n’ayant aucun intérêt à ce que les prix baissent naturellement. Avec le lobby des cigarettiers et celui de l’industrie du médicament en toile de fond, la France s’incline. Et la santé ? Ce n’est pas une priorité manifestement. Seul l’argent compte. Cette semaine encore, vous aurez peut-être entendu ce spot radio sponsorisé par Pfizer, traitant du tabagisme. Vraiment… C’est usant ! On est cerné de toute part !
    Bref, la « cash machine » tourne à plein régime. « Fumez ou arrêtez de fumer ! Mais filez nous vos biftons ! ».
    La santé n’a rien à voir là-dedans. On l’utilise comme argument pour justifier les gains à venir des deux lobbies sus-mentionnés. C’est certes habilement mené, mais çà n’en reste pas moins sinistrement méphistophélique.

  • lundi 25 octobre 2010 - par Alex Repondre

    Aristote a dit, Galien a dit…

    Pour rendre ce tableau un peu plus clair, on aurait du mettre des chiffres montrant l’impact du tabagisme au niveau de la santé des fumeurs. casino en ligne

  • lundi 14 février 2011 - par Bernard Mervilly Repondre

    Aristote a dit, Galien a dit…

    Cette démonstration magistrale et probante du Prof. Robert Molimard démontre que nos "préventologues" français se muent en insupportables "préventocrates". Ils sont à l’origine d’un "racisme" anti-fumeurs qui sème la discorde dans tout le pays.

    Je suis régulièrement ce qui paraît sur ce site suisse intéressant :

    http://www.lesdissidentsdegeneve.ch